Nucléaire : le prix du compromis
« Abandonner le nucléaire où on est sans doute les meilleurs, serait ni économiquement sérieux, ni écologiquement protecteur, ni socialement rassurant ». Qui a prononcé cette phrase ? Nicolas SARKOZY ? Non, celui qui, au printemps 2011, se présente comme le défenseur de la filière nucléaire, c’est François Hollande.
En relisant cette déclaration et en la confrontant au programme commun socialiste/ verts, qui entérine l’arrêt de 24 réacteurs nucléaires en France, on se demande ce qui a bien pu faire changer d’avis le président… du conseil général de Corrèze.
Sans doute faut-il y voir la souplesse de convictions dont, la campagne présidentielle s’amplifiant, François Hollande ne manquera pas de nous donner de nouvelles preuves. A moins de voir dans cette volteface, ce qu’elle est vraiment : le prix d’un compromis. Pour obtenir que les Verts se rangent, au second tour, sous la bannière du candidat socialiste, François Hollande doit donner des gages. « Paris vaut bien une messe » a dit un jour Henri IV. Pour le candidat socialiste, être élu président mérite bien qu’on sacrifie l’intérêt général du pays.
Car l'intérêt général de la France, c'est bien évidemment son indépendance énergétique. C’est le cas aujourd’hui avec les 58 réacteurs nucléaires qui produisent, à coût réduit par rapport aux énergies fossiles (Charbon, pétrole), 75 % de l’électricité que nous consommons. Selon un article paru dans Capital de janvier 2012, le prix du kilowattheure facturé en France est le plus bas d’Europe : 9,94 centimes d’Euros contre 12,75 en moyenne. L’électricité nucléaire est, en effet, la moins chère à produire : entre 31 et 42 euros par mégawatt, 20 et 80 euros pour l’hydraulique, 80 à 90 euros pour l’éolien terrestre, 110 à 120 euros pour la biomasse, 100 à 170 euros pour l’éolien offshore et entre 200 et 600 euros pour le photovoltaïque.
Et non seulement elle est moins chère, mais c’est aussi celle qui produit le moins de rejet de CO2 dans l’atmosphère.
Grâce à nos centrales nucléaires, la France n’émet « que » 6 tonnes de CO2 par an et par habitant contre 9,6 tonnes en Allemagne (dont 27% de l’électricité est d’origine nucléaire) : c’est le meilleur élève européen.
Assez paradoxalement, la position dogmatique des Verts sur la question du nucléaire aboutirait donc non seulement à augmenter votre facture d’électricité, mais aussi à renforcer le réchauffement climatique ! Les énergies dites renouvelables, comme le solaire et l’éolien, ne peuvent pas à elles seules compenser l’arrêt de nos centrales nucléaires. D’abord parce que ce sont des sources intermittentes d’énergie, chacun le comprend bien. Ensuite, comment et où envisager d’installer les quelque 100 000 éoliennes nécessaires pour remplacer nos réacteurs ? Dans votre jardin ou sur le toit de votre immeuble ? Pour compenser, il faudra donc relancer nos vieilles centrales à charbon ou à pétrole, plus polluantes. D’ailleurs, un des cofondateurs de Greenpeace lui-même, Patrick Moore, a reconnu que le recours au nucléaire était légitime compte tenu de la menace urgente que constitue le réchauffement climatique.
Dernier argument pour exiger l’arrêt du nucléaire : la sécurité. Exploitant à fond l’émotion légitime suscitée par le drame de Fukushima, les Verts ont voulu faire croire aux Français que nos centrales étaient elles aussi à la merci d’un tremblement de terre comme le Japon peut en connaître, ou d’un tsunami. C’est vrai votre sécurité n’a pas de prix. Mais est-il normal, sur des sujets aussi importants que ceux-là, de faire peur aux Français pour les convaincre de la justesse de ses idées ? La vérité, comme d’habitude, est ailleurs. A la demande du gouvernement, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a effectué un audit de toutes nos centrales. Son rapport, publié le 3 janvier est sans ambigüité : « il n’y a pas lieu de demander l’arrêt immédiat des centrales françaises ». L’ASN recommande d’augmenter leur capacité de résistance à des situations extrêmes. Les travaux évoqués sont estimés à 10 milliards d’euros : démanteler 24 réacteurs, comme le préconise désormais François Hollande, coûterait à la France 382 milliards...
Il est un autre aspect que l’otage des Verts, pardon le candidat du parti socialiste, a sous estimé, c’est l’impact de ce démantèlement sur l’économie : d’une part, il ruinerait un des secteurs les plus en pointe de notre industrie, d’autre part il aboutirait directement ou indirectement à la suppression de plus de 400 000 emplois ! Sans compter que la compétitivité de nos industries serait une nouvelle fois affaiblie par le renchérissement du coût de l’électricité dont elles sont très consommatrices. A l’heure où l’on parle de réindustrialisation de la France, voilà un de nos rares atouts qui disparaîtrait.
En matière d’énergie, le programme de François Hollande est donc clair :
- une France encore plus dépendante des pays producteurs de pétrole,
- des Français qui paieront leur électricité 50% plus chère,
- plus de pollution,
- plus de réchauffement climatique,
- plus de chômage.
En contrepartie, Madame Eva Joly, Madame Duflot et Monsieur Cohn Bendit le soutiendront au second tour des présidentielles. La belle affaire ! L’avantage est d’autant plus mince que François Hollande et Martine Aubry ont accepté de réserver 25 circonscriptions législatives, acquises traditionnellement à la gauche, à des candidats Verts. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’avec ces 25 députés, les Verts comptent jouer un rôle décisif dans la future assemblée nationale. Un peu comme au Conseil Régional d’Ile-de-France.
N’est-ce pas ce que l’on appelle un marché de dupes ?
UMP 94 |
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lundi 16 janvier 2012 à
17:12 | #
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